Un long week-end à Courchevel avec Laura Bailey.

Je me souviens encore de mes amis d’enfance qui revenaient de classe de neige, le visage parsemé de taches de rousseur et arborant la trace des lunettes, la pointe de jalousie ressentie pour avoir été comme oubliée, mise à l’écart. J'ai pleuré, puis supplié, puis épargné. Finalement, j'avais presque trente ans la première fois que je me suis essayée à dévaler une piste en chasse-neige à travers Les Trois Vallées entre Courchevel et Méribel dans mon équipement trop neuf et trop clinquant, dans les sillons de petits skieurs bioniques.

C’est pourquoi j’ai toujours eu une relation d’amour-haine légèrement compliquée avec les pistes. J’aspire au pouvoir rassérénant des montagnes, mais je panique dans les descentes entourée par la foule. Et, bien que je puisse désormais suivre mes enfants sur des skis, je dois toujours rester concentrée et je serais toujours émerveillée par les prouesses de mes amis athlètes Olympiques, dont certains ont grandi en Suisse apprenant le ski à l’école, tandis que moi j'étais sur un terrain de hockey, les genoux couverts de boue.

Place aux confessions sincères d’une claustrophobe. Je préfère le luxe anonyme d'un hôtel à un chalet empli d'amis ou de famille. Je ne peux pas respirer dans l’agitation et la cohue des activités de groupe, entourée de tapis en fausse fourrure et de fromage fondu. Cela ne tient qu’à moi, mais je préfère être au sommet d’une colline avec accès au service d’étage, en voyageur anonyme. Présomptueuse ? Je sais. Mais encore une fois, c’est mon honnête désir caché.

Et donc, je m’en excuse d’avance auprès de ma famille avec laquelle je ne suis pas allée skier la semaine suivante, je me suis précipitée fin mars à L'Apogée Courchevel, un hôtel qui provoque des chuchotements envieux depuis les côtes de l’Hôtel du Cap jusqu’à mon cours de Pilates à Notting Hill! "Tu en as de la chance, raconte-moi... J’y vais la semaine prochaine... C’est incontournable...".

Depuis Genève nous avons emprunté les routes sinueuses à travers la brume glacée, l'une de mes amies de longue date et compagne de voyage à mes côtés, les voix de Londres se sont apaisées tandis que l’alchimie des hauteurs alpines a commencé à produire son effet.

Mon objectif ? Me détendre, faire de la randonnée, festoyer, aller au spa et... oui, peut-être faire du ski. Je voulais vivre un “week-end au ski” en mettant l’accent sur les à-côtés, l’après... et embrasser pleinement les premières fois. Je voulais aussi ne pas être esclave d'un emploi du temps, savourer cette parenthèse ainsi que l'aventure qui m’attendait.

C’est ainsi que le premier jour, j’ai envoyé une photo à mes enfants, presque une carte postale du milieu de nulle part, me déplaçant en raquettes dans les forêts sauvages et désertes de Narnia, sautillant dans les congères presque en apesanteur, comme sur la lune, pouffant de rire. Une gourde de thé sucré et des biscuits, assis sur nos sacs à dos, en cercle, rapprochés par la solidarité des sommets. Pas de meilleur pique-nique. Sauf peut-être les scones et les crêpes dignes d’Alice au Pays des Merveilles qui nous attendaient à notre retour au bar de l'hôtel.

L’Apogée est le paradis des voyageurs gastronomes 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Koori, un restaurant japonais aussi divin qu’inattendu a su vaincre toute tentation de s’aventurer en ville le soir. 

Mais venons-en au petit-déjeuner ! Mon amie, qui n’a pas le même rythme que moi, a sauté le petit-déjeuner. Une bizarrerie pour moi, qu’importe l’endroit, mais surtout ici. Il y avait une forme de décadence à prendre son temps le matin, à savourer tranquillement des œufs pochés ou des crêpes en feuilletant le New York Times. Et puis, détour par le buffet artisanal (une nature morte d'une beauté invitante) pour un toast supplémentaire ou une compote de fruits. Ne pas être attendue. Aucune précipitation. Le présent de l’instant et la joie pure de se sentir entièrement enveloppée par la magie empathique et créative du service de l'hôtel (équilibre parfait entre attention et discrétion...), tandis que la lumière du soleil matinal qui se reflétait dans la neige fraîchement tombée pendant la nuit enveloppait la pièce.

Je ne me souvenais plus de la dernière fois où j’avais reçu un massage, encore moins de la fois où, enveloppée d’un peignoir, j’allais du bain à vapeur au jacuzzi en passant par les chaises longues au bord de la piscine. J’ai pourtant plonger loin dans mes souvenirs.

Encore une fois, à la recherche de l’inédit, j’ai réservé non pas un massage ou une manucure, mais un "Banya", rituel traditionnel russe du feu et de la glace, qui n’est pas fait pour les âmes sensibles. Un sauna brûlant, très chaud, ponctué par de vifs coups de branches de bouleau et de douches froides. Je ne voulais pas que ça se termine, même si je n’ai tenu que trente secondes dans le bassin glacé final, au lieu des dix minutes recommandées pour les plus courageux. Un choc bénéfique pour l’organisme et une stimulation intense de la peau, de la circulation et du système immunitaire. Ne réfléchissez pas, foncez.

Nous avons quand même skié, un jour de grand ciel bleu sur des pistes désertes, et durant cette journée (et, espérons-le, pour le futur...), je suis devenue une adepte du ski. Sur les traces de Jean-Luc Lefrançois, célèbre chef étoilé de L'Apogée (et du légendaire Château Saint-Martin niché dans les collines au-dessus de Vence), qui faisait alors office de guide pour la journée, nous avons bouclé la boucle et pris de la vitesse tandis que le monde autour de nous ralentissait. J'ai trouvé mon rythme parce que personne ne s'en souciait. Il n’est jamais trop tard pour avoir une enfance heureuse et il n’y a aucune honte à être débutant.

L’équipe experte L’Apogée a facilité l’organisation et le matériel - “ ... chocolat chaud pour mademoiselle ? ” - tandis que les chaussures et les skis parfaitement choisis sont élégamment ajustés, les masques et les casques sont discrètement remis en place. Mes enfants ne voudraient jamais quitter les joies de cette salle d’équipement avec sa technologie de pointe, son luxe sobre et ses croissants au beurre.

Ma combinaison Chanel bleu nuit (empruntée à une amie glamour) était plus que ce que mes talents méritaient mais je m’imaginais déjà dans le personnage, une Bond Girl des années 70, entre deux missions, prolongeant le rêve avec un déjeuner de trois heures dans un véritable esprit de vacances, et étonnamment, toujours à la bonne température (avec seulement deux fines couches en-dessous, sans manteau...).

Ma Suite d’angle avec balcon était presque trop accueillante. J'y ai dormi avec les rideaux ouverts pour ne pas manquer le spectacle des étoiles, ni l'aube. Ici, pas de fourrure ni de bois de cerf comme dans les chalets au style cliché. Des verts et des gris profonds, des lignes épurées et de l'art moderne, avec la montagne en vedette. Je regardais les guides se préparer pour leurs leçons du matin, les skis écarlates disposés comme des nageurs synchronisés prenant un bain de soleil symétriquement alignés ; l’harmonie experte du sport et de la nature magnifiquement chorégraphiée et un hôtel qui mène la danse. Bien au-delà du “ski-in, ski-out”, l’accompagnement privilégié du petit-déjeuner jusqu’aux pistes sonnerait plus juste.

Ainsi, que vous souhaitiez faire de la luge en kamikaze avec les enfants (je suis celle qui supplie toujours "allez, encore une dernière fois... "), de la course en slalom, de la randonnée sur la lune, ou simplement vous détendre entre le spa et bar, L'Apogée est la promesse du luxe rêvé.

J'ai remis à plus tard le récit de cette expérience pour prolonger davantage les souvenirs et en conserver le mystère dans mon esprit. Mais cela restera mon secret de ski, le lieu qui m'a permis de découvrir la beauté de la neige.

 

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