Un long week-end dans le sud de la France avec Laura Bailey

Depuis longtemps je rêve de m'évader dans le sud de la France, un endroit riche en souvenirs et en associations. Depuis les vacances d'été de mon enfance où nous campions à Opio, les croissants au beurre au petit-déjeuner, les cerises brillantes achetées au marché et dévorées goulûment à même le sac en papier, mon maillot de bain Speedo, et une poignée de francs au fond des poches de mon short jaune canari préféré. Presser des fleurs dans un herbier et apprendre à jouer aux échecs. Sentir le parfum des pétales de fleur écrasés qui s'échappait de mon seau encore plein de sable, et lire compulsivement les aventures mystérieuses d'Alice Détective. La plénitude des jours insouciants et des premières libertés.

La nouveauté attrayante d'un melon entier servi en entrée dans un restaurant, le creuser à l'aide d'une minuscule cuillère en argent tout en observant discrètement les adolescents au teint caramel qui bavardent et flirtent aux terraces des cafés au crépuscule.

Je n’avais quasiment jamais séjourné dans un hôtel - peut-être occasionnellement un bed and breakfast en bord de mer pour un mariage en Angleterre, ou, lorsque j'étais étudiante, une nuit à Florence sur un coup de tête, en route vers des voyages encore plus intrépides.

Et puis, lorsque je suis devenue jeune mannequin, les hôtels du monde entier ont commencé à me sembler plus familiers que ma propre maison, et je suis tombée amoureuse de la nouveauté et de la solitude, du sentiment d'infinie romance et de réinvention nourrie par un espace-temps qui m'était étranger et un chez moi en constante évolution. Mes rituels d'orientation restent toujours les mêmes ; une course matinale pour trouver mes repères (un joli café, un endroit où nager…), une analyse approfondie des prospectus de l'hôtel et de la liste des cinémas et des musées locaux, prendre un bain avec un livre. Une pile d'oreillers, un bon pyjama et les rideaux entrouverts pour se réveiller avec la lumière du jour. Recommencer.

Pendant une vingtaine d’années, je suis retournée à Antibes - pour le festival de Cannes, pour les défilés de mode (merci Chanel), pour les amis et les retrouvailles. Premier rendez-vous amoureux à l'Hôtel du Cap, premières truffes à la Colombe d'Or. Une baignade audacieuse autour du Cap comme un défi, enceinte de six mois, émergeant à Eden-Roc deux heures plus tard telle une Darryl Hannah grunge, une sirène recouverte d'algues et de sel, pour finalement retrouver une allure humaine grâce à un peignoir moelleux, une assiette de frites et un chocolat chaud.

Cet été, nous avons voyagé comme une meute de loups affamés, de la Grèce à l'Italie en passant par la campagne anglaise. À la fin du mois d'août, nous étions devenus une heureuse compagnie d'une vingtaine de personnes et cela ne s'arrêterait pas là. J'escaladais une montagne avant le petit-déjeuner juste pour me vider la tête tandis que mes enfants sautaient de rochers en rochers, toujours plus haut, en suivant leurs demi-frères deux fois plus grands, nourris par l'amour et la fierté.

De retour à la maison, le travail et la réalité se sont manifestés brutalement, je me suis encore enfui avant même d'avoir tout à fait déballé mes valises. En France, à deux. Juste ma fille de dix ans et moi. Alors que nous bouclions la boucle vers Vence depuis Nice, elle me tenait fermement par la main avec une solidarité silencieuse. Une nouvelle intimité née de l'anticipation et de la promesse d'aventures - et de glaces. En arrivant juste avant la tombée de la nuit au légendaire Château Saint-Martin & Spa, (anciennement le centre historique des soldats romains, des chevaliers et des croisés, et devenu depuis les années cinquante un hôtel construit sur les ruines du château des Templiers) nous nous sommes réfugiées dans l'étreinte calme de notre suite bleu ciel éclairée par les derniers rayons du soleil, observant le paysage infini au-delà d'un balcon princier tout en discutant des joies du room service par rapport aux snacks du minibar avec une sorte d'excitation insouciante d'adolescentes qui s'apparente à un véritable esprit de vacances.

Un long week-end peut parfois sembler étriqué, un instant volé, et pourtant en cette fin d'été, le temps s'est soudain dilaté tandis que Tiger et moi avons adopté un nouveau rythme plus naturel, en explorant et en se relaxant, en se chamaillant et en rigolant. Dévaler la pente vers la vieille ville digne d'une carte postale pour manger des pizzas et flâner au marché ; au ralenti, au parfum de la lavande. Et puis un pèlerinage à la chapelle du Rosaire de Vence rendue immortelle par Matisse, où elle est même restée brièvement sans voix. Des fresques religieuses en forme de fleurs. "Tu avais raison Maman, c’est effrayant, paisible et magique à la fois ; tu as l'air si heureuse ; crois-tu en Dieu ? et pouvons-nous prendre un taxi maintenant... ?" Cinq minutes plus tard, la foudre s'écrasait autour de nous alors que nous trouvions refuge dans l'entrée d'un café, elle me regarda, les yeux brillants, gonflés d'adrénaline, comme envoûtée. Surmonter la tempête.

J'ai dit "oui" à tout - se mettre sur son trente et un pour un dîner gourmet au Saint-Martin. Nager avant le petit déjeuner. Faire un soin du visage apaisant au spa La Prairie. Aller en journée à l'Hôtel du Cap pour passer l'après-midi sur les rochers emblématiques. Faire une sieste. Rester éveillées tard. Oui pour lire tranquillement ensemble. Et pour plonger. Tout semblait possible, toutes les aspérités de la vie se sont effacées sous la caresse de l’hôtel. (Certains clients ne quittent jamais la propriété et je comprends mais c’est une autre histoire). L'instant présent d'une vraie existence et la précieuse alchimie de la nostalgie et du renouveau, de l'innocence et de l'expérience.

Nous nous préparions au chemin du retour, en cherchant des friandises et en guettant les dernières lumières éclatantes. J'ai simplement suivi Tiger, heureuse avec son audio-guide, elle se liait d'amitié avec les Giacometti du jardin de la Fondation Maeght à St Paul de Vence. Un dernier déjeuner à la Colombe d’Or pour respecter la tradition, sous les grands volets noirs, comme si vous auditionniez pour un road movie des années soixante. Pétanque, boutiques de souvenirs et taxi pour Nice. Notre doux rêve de Riviera. Juste moi et ma fille. Et les châteaux dans le ciel.

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